Sport et asthme

Asthme d’effort
Les sports interdits aux asthmatiques
Tous les autres sports sont indiqués
Mesures à prendre avant la pratique du Sport

Un asthmatique qui ne peut pas faire de sport est un patient dont la maladie est mal contrôlée.
Les plus doués pourront même devenir champions olympiques au même titre que ceux qui respirent sans encombres.

Asthme d’effort :

  1. Les définitions spécifiques

    L’asthme survenant à l’occasion de la pratique du sport s’exprime de deux manières : soit la crise survient pendant l’activité sportive, soit elle se déclenche après un intervalle libre de cinq à dix minutes après l’arrêt de l’effort.
    Dans le premier cas, la survenue de la crise d’asthme pendant l’effort exprime le manque de contrôle de l’asthme préexistant, ce qui semble fréquent (au moins 40 % des cas). L’effort n’intervient que comme un facteur déclenchant non spécifique, au même titre qu’une exposition à de la fumée, par exemple. Il faut donc rediscuter avec son médecin traitant du traitement quotidien de l’asthme.
    La deuxième situation est celle de l’asthme appelé « asthme d’effort », ou « asthme post-exercice », ou encore « asthme induit par l’exercice ». Les manifestations cliniques surviennent à l’arrêt de l’effort, cinq à dix minutes après. Ses mécanismes ne sont pas bien compris. En cas de reprise de l’effort, il a été montré que la deuxième crise de ce type est plus faible voire inexistante, ce qui conduit certains sportifs à se « déclencher » une crise mineure avant une véritable épreuve qui induirait une crise plus intense. Ce procédé est empirique et ne doit plus être utilisé, car il existe des traitements rationnels de ce type d’asthme. L’asthme d’effort, malgré sa présentation clinique particulière, est bien un asthme dans la mesure où l’on peut observer une inflammation et une hyperréactivité bronchique.
    La crise survenant pendant l’effort signe un asthme mal contrôlé
    Une crise survenant quelques minutes après correspond à un « asthme d’effort »

  2. En quoi le sport est-il bon à l’asthmatique ?

    Le sujet présentant un asthme post-exercice aura naturellement tendance à diminuer l’intensité de l’exercice, sa durée et sa longueur, afin de minimiser sa gêne. Cette mesure de prévention, en apparence logique, est en fait le début d’un cercle vicieux, contribuant à accentuer le phénomène et transformer le patient asthmatique en sujet non sportif, véritable handicapé respiratoire.
    Le raisonnement est également vrai pour l’asthme survenant pendant l’exercice.
    Il convient donc de prévenir ce cercle vicieux par la rééducation de l’asthmatique : son entraînement et la pratique régulière du sport lui permettront de retarder l’apparition de l’asthme, qu’il soit post-exercice ou survenant pendant l’exercice. Cela permet d’envisager une complémentarité avec le traitement médical
    Après une période de ré-entraînement, les asthmatiques constatent une diminution de l’essoufflement à l’effort et une possibilité d’effort plus grande . On a pu observer également une diminution de l’intensité des crises et un moindre recours aux traitements de celles-ci. Cet effet sur l’asthme est la conséquence d’une adaptation de la ventilation à l’effort, en augmentant, notamment, les débits bronchiques. En revanche, la fréquence des crises n’est pas modifiée par le sport, ce qui souligne bien la nécessité du traitement médical.
    Enfin, cette pratique sportive sera bénéfique pour les autres fonctions vitales, notamment cardiovasculaire.

  3. Le sport peut-il induire de l’asthme ?

    De nombreuses études suggèrent que la pratique d’un sport est suivie d’un asthme. L’existence de facteurs de confusion, chacun pouvant être responsable isolément de bronchospasme, rend cette hypothèse discutable. Il faut citer l’air froid, donc sec, et même très froid, l’ozone, le tabagisme passif, la pression barométrique et la pollution en général. De plus, il est clairement montré que l’air froid potentialise la réponse bronchique à l’exercice chez des sujets asthmatiques, ce qui pourrait être une explication à la gêne respiratoire ressentie pendant l’effort au froid par des sujets asthmatiques.


Les sports interdits aux asthmatiques

  1. La pratique de la plongée sous-marine avec bouteille est contre-indiquée pour les asthmatiques. Cependant, chaque patient devra faire l’objet d’une évaluation en fonction de la sévérité et du contrôle de l’asthme.
  2. L’équitation, qui combine le risque d’allergie aux poils de cheval, aux pailles des étables et aux pollens de la nature est fortement déconseillée. Mais mieux vaut peut-être éviter, si vous êtes potentiellement allergique aux poils de chevaux

Le médecin du sport, connaît les symptômes de l’asthme et peut adapter un programme d’entraînement progressif.
Le kinésithérapeute, peut aussi contribuer à apprendre à l’asthmatique à gérer son souffle.


Tous les autres sports sont indiqués

La natation

Saturation en vapeur d’eau, position allongée qui soulage la pesanteur du corps, sollicitation des muscles thoraciques, qui développent la capacité respiratoire, apprentissage du contrôle de la respiration en font le sport idéal pour les asthmatiques de tout âge.
Ce sport complet sollicite en douceur tous les muscles et aide à combattre le Stress qui est parfois un facteur aggravant de l’asthme. Il convient particulièrement aux seniors ou aux personnes qui souffrent du dos, de problèmes articulaires et aux seniors. En revanche, le mélange du chlore et des substances humaines provoque la libération de chloramine, à la surface de l’eau, qui peut être irritante pour les bronches (la chloration doit être surveillée).

Le foot

Il n’est pas particulièrement destiné aux asthmatiques, mais c’est l’un des sports préférés des jeunes avec le basket et le rugby. La participation à un sport d’équipe est importante pour la confiance en soi et l’intégration dans la vie sociale. Le foot demande, au moins au niveau amateur, une intensité d’effort en continu moins prolongée et moins violente que celle du basket, du hand ou du rugby. Pour éviter l’essoufflement qui risque de renvoyer le joueur au vestiaire, l’asthmatique devra se montrer très rigoureux dans la prise de son traitement de fond et ne négliger ni l’échauffement, ni la médication préalable à l’effort prescrite par le médecin.


Mesures à prendre avant la pratique du Sport

L’asthme correctement traité n’est pas une contre-indication. Au contraire, on encourage aujourd’hui les enfants asthmatiques à faire du sport.
Avant toute reprise d’activité, vérifiez avec vos «coachs médicaux» que votre asthme est bien contrôlé et apprenez avec eux à mesurer, avec un débitmètre de pointe (ou «peak flow»), les modifications de votre souffle. Ces mesures seront utiles pour s’assurer de l’état de vos bronches avant un effort.

  • Demander un certificat médical : pour le professeur de gym ou l’éducateur
    sportif ; il précisera les conditions auxquelles vous ou votre enfant pouvez pratiquer une activité sportive et les signes permettant de reconnaître la survenue de symptômes nécessitant l’appel d’un médecin ou d’un service d’urgence.
  • S’échauffer avant l’exercice. C’est important pour les muscles, mais aussi pour le système cardio-respiratoire, qui va ainsi s’adapter à l’effort progressivement.
    Tenir compte des conditions climatiques..Eviter les températures, qui s’approchent des 40°C, encore moins si l’air est pollué. L’air trop frais est mauvais également. L’idéal c’est l’ambiance assez tiède mais humide des piscines.
  • Mesurer son souffle avant et après l’effort, afin de juger des modifications enregistrées et d’adapter le traitement en conséquence si besoin.
  • Inhaler un médicament protecteur 10 à 15 minutes avant l’effort. Pour ce faire, demandez conseil à votre médecin plutôt que de vous « auto-médiquer ». Il aura sans doute en plus des conseils judicieux à vous fournir.
  • Un bronchodilatateur, toujours à portée de main-l’ utiliser dès les premiers signes d’alerte.
  • Adapter ses efforts à son état respiratoire. N’en faites pas trop ! Si vous ne vous sentez pas en forme, ne forcez pas pour arriver aux mêmes performances que d’habitude, car c’est là que la crise risque d’apparaître.
Ce contenu a été publié dans Activités, Activités Mixtes par Dr. Benkhedach. Mettez-le en favori avec son permalien.

A propos Dr. Benkhedach

Docteur en médecine, fondateur de l'éducation thérapeutique en Algérie, initiateur d'une école d'asthmatique à Mostaganem. Fondateur et président de la Fédération algérienne des Associations d’Asthmatiques et d’insuffisants respiratoires. Auteur du livre "Education thérapeutique du patient – Eduquer pour mieux soigner"

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